J'ai toujours ete un lecteur. D'abord un lecteur de roman, nez dans la bibliotheque, du papier dans les mains, a passer une par une les pages dans un crissement singulier. Ces petits moments, a l'ecart de tout, la tete dans mon livre. Je m'asseyais les soirs sur le sol de carrelage froid a cote de ma veilleuse pour finir une page de plus, un chapitre de plus, un livre de plus chaque nuit. Je me souviens des aventures de cette epoque, toujours dans ma tete et un peu dans mes mains. J'ai grandis dans la lecture, enseignee par ma mere, avec la patience dont elle a toujours fait preuve avec ses enfants. Je voyageais par le monde grace a cet alphabet, mot apres mot, phrase apres phrase, je m'echappais du quotidien de l'ecole. Chaque lettre etait lourde de sens, m'apprenant toujours plus sur le monde, sur chacun de ses personnages avec qui j'ai pu vivre une partie de mon enfance, que je connais presque comme des amis, a travers une trilogie ou bien une saga, que j'ai essayer de comprendre dans leurs peines et leurs joies, dans leurs temps a eux, leurs espaces restreint qu'est celui d'une page parmis les autres.
Plus tard, j'ai decouvert par curiosite quelques mots cles sur un ordinateur, m'invitant a en lire plus. "help". Un simple mot qui m'emmenera decouvrir une nouvelle facette de lecture, faisant de moi un lecteur encore un peu plus polyvalent. J'ai appris a lire le language de la machine, celui de la logique irrefutable, de l'erreur constamment humaine, de l'electronique avancee, de l'assemblage d'instruction claire, precise, sans aucune forme d'interpretation. J'ai compris peu a peu les rouages de la complexitee des machines qui sont parmis les plus complexes de ce monde, brique par brique, a force de les lires, a force de les ecrires, a force de les comprendre. Ce fut un long chemin jusqu'aujourd'hui, un long chemin que je parcours toujours. Non pas que je ne sache pas lire l'assemblage logique de ces 0 et de ces 1 mais lorsque tout a un sens, lorsque l'inprecision de se situe jamais qu'entre tes mains, alors la subtilite de l'erreur revele souvent une des subtilites qui compensent son createur. Je me suis decouvert, bien des fois, en essayant a mon niveau de communiquer ma vision, de restranscrir une part de moi, dans ce melange d'informatique, dans cet univers rationnel.
Enfin, mes lectures les plus complexes peut etre fuent celle des hommes. Lire l'autre, ses moindres faits et gestes, inconscient, quand celui en face de toi ecrit une chose sur son visage et autre chose dans ses mots. Cette lecture et de loin la moins aisee des trois. C'est par ailleurs celle qui necessite le plus d'effort de ma part. J'ai appris peniblement a lire l'autre, dans tout ce qu'il ne veut pas dire, sans pour autant vouloir le cacher aux autres, si ce n'est a lui meme. Tout le monde ecris, malgres lui, sur les traits de son visage, dans un geste de la main, dans un haussement d'epaule, dans un rictus amical ou bien triste ce qu'il ressent, ce qu'il pense, ce qu'il vit. Ce sont des moments brefs, qui demandent au lecteur d'etre a l'affut, aguerri, avec une sacree experience pour vraiment saisir toute la complexite que peut offrir l'autre, dans toute sa complexite. Je lis, parfois malgres moi, l'intention involontaire, l'agacement succinct, le tressaillement de surprise. Je suis meme parfois lecteur malgres moi de cette formidable communication inconsciente entre les autres et moi. Nous ne pouvons finalement pas desapprendre a lire, quoique l'on en dise. La vie s'ecrit dans le temps, dans chaque moment et chaque interaction.
Qui sait ce quelle genre de lecteur je serai demain ? Qui sait combien de chefs d'oeuvre restent a lire ? Je ne crois pas qu'il n'y ai quelque chose qui ne puisse etre lu. Lire, c'est avant tout prendre le temps d'en gagner.
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