Et parfois on se demande bien
Si la poesie nous suffit
Si elle sera la seule temoin
De l'experience de nos vies
A quoi bon ecrire apres tout
Si ce n'est pour ne rien lacher
Si ce n'est pour par dessus tout
Ne sourtout jamais oublier
Je me surprend en desacord
Avec bien des inspirations
Je ne crois pas que j'ai eu tort
Je ne crois pas avoir raison
Mais me voila le soir venu
Quand j'ai la lune pour seule compagne
Une fois ma plume devetue
Enfin la tristesse me gagne
Le papier saigne comme je pleure
Comme pour me vider de moi meme
Comme pour m'expier de mes horreurs
Comme pour m'arracher de ma peine
Et les eclaboussures m'arrosent
Grimaces deformant le visage
Je ne suis qu'un accro sans sa dose
Je ne suis qu'un homme de passage
Quand seule l'obscurite demeure
Qu'il ne reste plus que des blessures
Quand poursuivi par le malheur
Seule mes textes me rassurent
Je cris au milieu de la piece
Du plus bruyant de mes silences
Je hurle toute ma tristesse
Me remplis d'un trop plein d'absence
Je comble rapidement le vide
Par cette potion de faiblesse
Tres loin de me rendre lucide
Elle me comble de son ivresse
Je me debat avec mon ombre
Persuade de devoir payer
Persuade que si je m'effondre
Personne ne viendra me relever
Et vient le besoin de souffrir
Qui devient plus fort que mes larmes
Quand la souffrance sait m'envahir
Et s'incarne dans cette lame
Mais je ne me laisserai pas faire
Je sors dans la rue en courant
Dans cette ville si etrangere
Qui m'acceuille paisiblement
Chaque pas est un cri de plus
Chaque lumiere un projecteur
Qui me rapproche du terminus
Qui me rapproche de la chaleur
Je m'assois donc a bout de force
Et le froid m'envahi soudain
Moi qui jadis bombait le torse
Me trouve aujourd'hui tellement loin
Cette attente me semble infini
A en oublier que tu viens
A en oublier mon oubli
A en perdre tout mes moyens
Je m'effondre donc, une enieme fois
Cette fois a meme la capitale
Le sol est dur et l'air et froid
Dans cette ville je me sens sale
Les passant passent, sans un regard
Je ne suis qu'un parmis les autre
Je ne suis qu'un inconnu ce soir
Qui au milieu d'un square se vautre
Soudain tu surgis de nul part
Presque comme si tu me suivais
Et quand je croise ton regard
Je sens mes forces me quitter
Tu presse le pas, ouvre les bras
Acceuille mes larmes sur ton epaule
Et je tressaille tout contre toi
Je perd lentement le controle
C'est une oasis de tendresse
Au milieu d'une nuit glacee
Un mosolee de gentillesse
Une fugace eternite
Quand je repense a ce moment
Quand j'essaye de me souvenir
Je te suis juste reconnaissant
D'avoir bien voulu m'acceuillir
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