Grandir

publié le 01/01/2026 00:01

Quand on est jeune, quand on rentre dans l'adolescence, on cherche quelqu'un pour se trouver sois même. On cherche une personne qui nous en dira plus sur nous même qu'autre chose. On cherche une personne pour nous découvrir, nous prouver des choses, nous aimer d'une manière que personne ne nous a jamais aimé. On chercher notre place dans les groupes sociaux. On veut être une personne désirable, désirée, aimée et aimante. On recherche une approbation, de la société, de l'extérieur mais aussi de l'intérieur. On a besoin de s'affirmer et de prouver toute l'importance de l'autre, prouver combien il est unique et important. On devient la nouveauté de l'autre, on découvre les papillons, le cœur qui bat a tout allure. L'amour dans ses débuts, on le montre, on le fait et on le vit avec une timidité masqué et une assurance dangereuse mais surtout avec une sincérité et une innocence unique.

Et puis il y a l'amour qui vient après. Quand le cœur bat la chamade, on se surprend une nouvelle fois, non pas à ressentir l'excitation du début de nouveau mais à y prendre autant de plaisir. C'est une découverte également mais surtout une forme d'appréciation de l'autre comme une personne riche et précieuse. C'est une exploration, un accord commun, parfois des non dits sur un passé tumultueux, souvent bordé d'erreurs de jeunesse, presque toujours rempli de doutes et de peurs. Il ne s'agit plus d'un amour de conquête mais plutôt d'une conquête d'amour, conquérir le quotidien, surmonter ensemble, main dans la main les murs de nos préjugés, s'ouvrir après avoir souffert, une nouvelle fois souvent, une premiere fois parfois. Le second amour ne surmonte plus la peur de ne pas être aimer mais cherche plutôt a comprendre le contexte et l'environnement nécessaire à l'amour. Il explore doucement, sûrement partiellement, toujours maladroitement l'immense question du quotidien. L'autre passe subtilement d'un être exceptionnel à une présence stable, régulière, dont la notion du bien et du mal est encore a définir. L'autre est là, comme un fantasme peut être qui survient malgré soit; et chacun veille a trouver de l'extraordinaire dans cette stabilité. Un restaurant le samedi soir, un bouquet de fleur en rentrant, une tablette de chocolat acheté à la boulangerie... On essaie de comprendre comment faire pour prouver a l'autre et a soit même que notre amour subsiste. Quoi de plus naturel finalement ? Le seul référentiel que l'on a c'est celui d'un amour infantile dont les éclaboussures nous marquent encore et un second début bouillonnant. C'est bien la moindre des choses que de se raccrocher à ce que l'on connait. Mais voilà, une fois que l'on a ouvert le grand livre du quotidien, on se retrouve obliger de répondre à deux à toutes ces questions que l'on n'aurait jamais eu seul.

Moi je crois que cet exceptionnel demeure, au delà du quotidien, au delà de l'amour, au delà du temps, comme un souvenir qui éclabousse, comme un trait de pinceau sur le tableau de notre vie qui n'est plus tout à fait vierge. Merci pour ces moments.

Et je ne sais pas vraiment comment envisager le troisième amour. Peut être comme une réponse ? Peut être comme une part de moi qu'il reste à découvrir ? Probablement comme un mystère dans lequel je navigue à l'image de la vie, sans savoir où je vais ni pourquoi.

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