Je ne pensais pas écrire ce soir mais me voici. Pour vous décrire un peu la situation, je suis dans ma chambre d'étudiant. Je suis assis devant mon bureau, ou mon ordinateur pour être plus précis. J'ai les yeux fermés comme souvent lorsque j'écris ce blog. J'ai pris cette habitude pour me concentrer sur ce à quoi je pense. Le début des jours chauds arrive et la chaleur, bien que pas encore tout à fait étouffante, emplie la pièce et alourdit l'atmosphère. j'ai un peu la sensation que, en écrivant ici, sur ce petit écran, je ne sais plus trop quoi dire quand il s'agit de discuter avec les autres. Je suis un drôle de gars quand j'y pense. Sur ma gauche, il y a un livre: "C'est arrivé la nuit". Le titre est approprié à la situation, mon téléphone indique 2:11 lorsque j'écrit ces lignes. Le livre est un cadeau de mon père. Je pense que je vais essayer de le lire, en tout cas le commencer, dans les prochains jours. J'essaie depuis peu de me mettre un peu plus à la lecture. J'essaie aussi d'avancer en parallèle sur d'autres projets personnels mais sans véritable grand succès... Je perds un peu de motivation et d'énergie. Peut être qu'à trop me concentrer sur autre chose, je ne sais plus vraiment m'observer, m'analyser, et avoir une véritable introspection sur moi même sans dépenser une quantité importante d'énergie. Après tout, l'énergie est une ressource au même titre que le temps ou l'argent. A gauche de ce livre, il y a une bouteille de boisson énergisante. Je suis malheureusement un peu addict à ce genre de boisson. Elle me permet de réfuter le sommeil, dans une certaine mesure, bien que ce soit samedi soir. Je me souviens avoir hésité dans le petit supermarché à côté de chez moi à acheter la bouteille: le genre d'hésitation que tout le monde connaît bien, lorsque tu sais que tu repousses juste le moment où tu cédera à l'envie. C'est un peu le principe même de l'addiction. C'est vrai que depuis petit j'ai un vrai problème avec le sommeil. Je pense que ce problème grandissant s'est peut-être cristallisé dans les boissons énergisantes. J'en parlerai sûrement dans un autre post si le cœur m'en dit. Nous sommes tous addict à quelque chose après tout...
Sur la gauche de mon bureau (décidément, tout est à gauche ce soir !) je peux voir le petit piano qui orne fièrement ma petite chambre d'étudiant. J'ai passé une grande partie de la journée devant, à laisser mes doigts aller et venir sur les touches, me délectant du son qui pouvait sortir de l'instrument. Quel pied, la musique sincèrement ! J'ai appris des musiques qui me connectent aux gens que j'aime, essentiellement. Le reste du temps, je laisse mes doigts vagabonder dans un ordre plus on moins précis, au rythme de mes envies. Certains appelleront ça "improvisation". C'est en effet le terme que j'emploie auprès des gens pour expliquer ce que j'apprécie faire de mes dix doigts sur ce clavier. Cela dit, je ne sais pas si l'improvisation correspond vraiment... J'ai plus la sensation d'essayer de lier tant bien que mal le désordre total des touches qui se tiennent devant moi avec un semblant de début de connaissance musicale. Une forme d'allégorie de moi-même, intérieurement. Je ne peux pas me permettre de perdre l'entièreté du contrôle car tout sonnerait immédiatement faux. En revanche, il est tout à fait impossible pour moi de réellement apprécier le morceau que je peux être en train de jouer si je reste sur la route toute tracée, si je me contente de répéter inlassablement les mouvements, sans les assimiler, sans les faire miens. C'est un exercice difficile quand j'y pense, mais c'est tout aussi plaisant que de s'asseoir au milieu d'une pièce remplie de monde et regarder, observer, analyser. Voir les dynamiques de groupe se produir malgré chacun. Voir les gens commencer à parler, à communiquer sans vraiment avoir conscience que chacun de leurs mots, chacun de leurs gestes, chacune de leurs petites expressions et soigneusement choisis dans ce cadre sans merci qu'est le social. Au milieu de cette grande pièce remplie de gens ou bien devant mon piano dans ma petite chambre parisienne, lorsque personne ne me voit, je me surprends à sourire et à apprécier ce sentiment de complétude lorsque ce qu'il se déroule devant mes yeux fait soudain sens.
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