Souvenirs

publié le 14/06/2023 23:00

 

Je suis du genre à garder plein de chose. Pas parce que ces choses là sont fondamentalement précieuse mais parce qu'elles ont de la valeur à mes yeux. Je suis quelqu'un de très matériel m'a-t-on dit, je dois bien le concéder. J'ai tendance à considérer la valeur d'un objet à son histoire, à mon histoire que je partage avec lui, mais surtout à l'hisoire que d'autre connaissent de l'objet. Les objets ne mentent pas, les mots oui. Les objets s'opposent, je le crois, assez bien aux language. Si les mots peuvent être enjolivés, qu'en est il d'un objet ? Lorsque deux personnes discutent, communiquent, échangent, c'est la majorité du temps à travers les mots. Ce sont des outils pratiquent et bien rodé dans la construction sociale qui nous a tous fait grandir. Chaque mot a un sens commun à tous, ou qui aspire à l'être en tout cas. Si chacun avait sa propre définition de chaque mot, à quoi bon employer le même ? C'est bien afin de se mettre d'accord sur la signification des sons que nous sommes capable de produire avec notre bouche que l'homme a créé le language, il me semble. Cependant, ce qui au début ne servait qu'à se mettre d'accord se compléxifia à mesure que le monde, les relations humaines et les interactions sociales se compléxifiaient. C'est en grandissant que l'on apprend à se servir des mots, qu'on apprend à assimilier leurs sens propres comme figurés. On acquiert tous dans notre enfance plus ou moins de connaissance sur la communication. Nous arrivont tous de manière inéquitable dans la vie adulte. Une fois le cap de l'adolescence passé, il me semble bien plus dur pour chacun d'apprendre et d'intégrer d'autres manières de communiquer que celle que l'on a su se construire au fur et à mesure que nous délaissions notre enfance.

C'est pourquoi je me méfie des mots. Loin de moi l'idée qu'ils ne soient pas pratiques. Ils le sont définitivement. Mais les hommes apprennent et se forment à en détourner le sens, à manipuler les autres au travers de ces mêmes mots. Le language est aussi formidable qu'il est traitre. Il est à l'origine de la transmission d'idée et excelle dans ce domaine. Il lui manque cependant un vaste champs de possibilité concernant la communication de ce qui ne peut se dire; ce qui ne peut se formuler : les sentiments et émotions.

 C'est ici que j'oppose les objets et le language. Il y a dans le concret, dans le matériel, une longévité que les mots ne connaissent pas. Pour preuve: il nous fut essentiel d'inventer l'écriture. C'est donc bien que le matériel a cette qualité que l'art oratoire peut lui envier, la durabilité. Le papier résiste bien mieux au temps que le son. Un son est éphémère,  il se propage dans l'air et meurt aussitôt. Je crois que les moments les plus fort de notre vie, ceux qui nous marquent réellement ne saurait s'accorder à mourir aussi vite. C'est pourquoi je garde beaucoup d'objet qui marque chacun un moment de ma vie. Il s'agit d'objet anodins mais je sais que chacun de ces objets possède une histoire. Une histoire parsemé d'émotions, de peine, de joie, d'accomplissement, de désespoir, de douleur, d'amour, de confidence... Si il y a bien une chose qui ne ment pas, ce sont les sentiments. Le plus beau de tous à mes yeux et celui que deux personnes partagent, dans un regard, dans un geste, dans une accolade ou un sourire. Ce genre de moment sont ceux que j'aspire à crystalliser dans un objet, dans un souvenir.

Ainsi, j'ai une belle petite boîte à souvenir que j'ouvre assez régulièrement rempli d'objet insolite qui viennent me raconter leurs histoire lorsque je le redécouvre. Non pas que j'ai oubliés ce qu'ils ont a me dire, mais le rythme de la vie fait que l'on a peu de temps accorder à notre passé. Ils me reprennent simplement à l'ordre lorsque je m'éloigne un peu trop de ce que j'ai pu vivre et partager avec d'autre. Mes objets préférés sont et resteront ceux que je partage avec quelqu'un. Le ticket du premier restaurant offert à mon meilleur amis, la première capsule de bierre que j'ai ouverte sur Paris, la boîte de mon premier parfum et même un stylo que l'on a pu me donner 6 ans plus tôt en Angleterre.

Tout ces objets sont à l'image des émotions humaines. Ils sont visible par tous mais compris par très peu. Ils sont tous réels et palpable mais leurs histoires ne l'est pas. Lorsque quelqu'un a les larmes aux yeux, nous pouvons tous supposer que cette personne est triste, comme nous supposeront qu'il s'agit d'une capsule de bierre. Mais je ne crois pas que la vrai richesse des choses réside dans ce qu'ils sont mais plutôt dans ce qu'ils ont pu vivre. Tout dans ce monde n'a de réel valeur que parce que le temps existe. Le temps rythme tout, de nos journées de travail, à nos vacances en passant par nos moments les plus heureux comme les plus tristes. Mais une chose qui résiste bien au temps, c'est bien les souvenirs.

“Les souvenirs d’un homme constituent sa propre bibliothèque.”
Aldous Huxley

J'éspère avoir pu t'éclairer...

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