La pièce était sombre, la lune éclairant faiblement le plancher par l'embrasure de la fenêtre. Ils étaient deux, allongés, paisiblement sur le lit. Elle, ses cheveux bruns aux reflets lumineux, son visage apaisé, presque adulte, accolé contre son torse. Lui, un doux sourire aux lèvres, sa main carressant le dos de celle qu'il aime, le regard fixé au plafond, la tête posé sur l'oreillé.
"Je dois te parler de quelque chose. C'est par rapport au mariage." murmura-t-elle.
Il pris un temps de réflexion, et penchant son visage sur le coté pour mieux voir ses traits, répondit:
"Dis moi tout. Je t'avoue que le ton avec lequel tu dis ça ne me dis rien".
Elle sourit doucement, se redressa et s'assis en tailleur sur le lit, détournant légérement le regard. Il pouvait la voir malgrès l'obscurité. Il savait que ce n'était pas habituel. Durant toute leur relation, elle n'avait jamais été aussi direct, aussi franche. Elle pris une grande inspiration et continua.
"Je suis heureuse avec toi, vraiment, ne t'inquiète pas par rapport à nous. Cela dit, tu sais que tout n'est pas simple pour moi en ce moment. J'ai conscience de beaucoup m'appuyer sur toi et tu es un mec génial, honnêtement. Je sais que tu t'inquiète pour moi et ça me touche sincérement. Mais ce soir je veux te demander quelque chose. Pas grand chose, vraiment, mais je sais que ça risque d'être un peu compliqué pour toi..."
Il ne répondi pas, la fixant, l'air perplexe, comme pour l'inviter à continuer.
"Alors voilà, je voudrais être à toi pour le restant de ma vie, et je ne regrette aucunement de t'avoir dis oui avec tout l'amour que j'ai pour toi. Je te l'ai dis du fond de mon coeur. Mais avant que l'on se marie, j'ai besoin que tu me montre une chose. J'ai besoin de savoir que tu peux vivre sans moi, que c'est ok pour toi de passer un weekend sans avoir de mes nouvelles. Si je sais que tu peux vivre sans moi le temps de ce weekend, alors je saurais aussi que tu vivra avec moi par choix et non par nécessité. Tu vois ce que je veux dire ?"
Il regardait par la fenêtre, un groupe d'oiseau s'envola, effrayé par une des rares voitures roulant encore à cette heure là.
"Je comprends. Alors demain je ne te contacterai pas et ne t'enverrai aucun message c'est ca ? Et dès dimanche soir, on se retrouvera et on pourra fêter ça avec une bonne soirée pizza film ?"
Elle sourit légérement, le regard adouci encore par ses cernes.
"C'est presque ça, oui !"
Il s'asseya dans sa voiture, se sentant un peu trop petit dans son grand hoodie rouge qu'elle lui volait régulièrement, pretextant ne plus rien avoir à se mettre sur le dos. Le soleil montait doucement au loin, le paysage de la ville se profilait délicatement derrière le saule pleureur du jardin. C'était l'autonomne, les feuilles mortes crissaient sous les pneus de la voiture accélérant progressivement. Il regarda dans le rétroviseur, elle lui faisait au revoir de la main, dans son pyjama Disney qu'elle avait depuis aussi longtemps qu'il pouvait s'en souvenir. Il était toujours dubitatif mais pas forcément inquiet. Son meilleur amis avait accepté de l'héberger le temps du weekend et, bien qu'il n'était pas très habituer à couper tout contact, il savait que ce weekend se déroulerait plus vite qu'il ne l'imaginait, ou l'éspérait-il au fond de lui tout du moins.
"Je commence à fatiguer je pense que je vais aller dormir"
Il posa la manette, appuya sur le bouton d'allimentation de la console et éteingnit la télé, plongeant la pièce dans une obscurité parcielle, rompu uniquement par la lumière du couloir laissée allumée. Il avait les cheveux blond, ondulés, tombant à peine sur ses grands yeux noisettes. Son visage allongés s'accordant parfaitement avec sa grande taille, il portait un T-shirt Tom & Jerry usé et un short délavé, qui devait être à l'origine beige mais qui arborait maintenant une teinte un peu brunâtre.
"D'accord, pas de soucis. Je te l'ai déjà dis plusieurs fois mais c'est vraiment sympa de ta part de me laisser ton canapé pour ce weekend. Ca faisait longtemps qu'on avait pas passé quelque jours ensemble comme à l'époque." lui répondit l'homme assis sur le canapé, son hoodie rouge gisant par terre, à coté des baskets et des chausettes sales jetés sous le meuble.
"Ya pas de soucis, c'est le minimum que je peux faire pour toi, on se connait depuis suffisamment longtemps pour pas que je te laisse crever de froid sous un pont. Et puis de toute façon vu ton sale caractère, je suis pas sûr que tu trouves ailleurs ou dormir."
Il lui tira la langue et s'esclafa bruyamment avant de lui tendre une couverture. Son colocataire du soir lui rendit un sourire, avant de saisir la couette tout en le remerciant une énième fois. Le blondinet quitta la pièce, et rejoignit d'un pas décidé sa chambre, éteignant au passage le couloir et plongeant le salon dans l'obscurité. Son amis venant de quitter la pièce, il s'allongea sur le canapé, le tissu lui servant de drap recouvrant à peine son corps maigre. Il saisi son téléphone et commenca à pianoter dessus, répondant aux divers messages qui avaient pu lui être envoyé au cour de la journée. Il avait délibérément choisi de ne pas l'allumer jusqu'à maintenant. Mais maintenant qu'il était seul, la lumière de son téléphone éclairement son visage, il savait que les messages du soir qu'il partage d'habitude avec elle n'arriveraient pas ce soir, ni demain non. Il se résigna, après un souffle sourd, et posa son téléphone à coté du lit. Ses pensées encombraient sa nuit.
Les pneus crisèrent dans l'allée, alors que le véhicule s'imobilisait. Il ouvrit la porte, se forcant à ne pas paraître plus pressé qu'il ne l'était réellement. Il saisi les deux pizzas encore chaudes posés sur le siège passagé, s'extirpa sans peine du véhicule, claqua la portière et se dirigea d'un pas décidé vers la porte d'entré, le gravier craquant sous ses pieds. Il sortit d'une main les clés de l'appartement de la poche de son hoodie dont le rouge avait été taché par une bouteille de bière renversée dans l'après-midi. Les clés tournèrent sans grande difficultés dans la serrure, émettant le cliquetti usuel de la grande porte en bois. Cette dernière grinca légérement en s'ouvrant, dévoilant une pièce d'entrée plongée dans l'obscurité. Il pénétra l'endroit sans hésitation, appelant joyeusement celle qui lui avait bien trop manqué ces dernières heures.
"Ma chérie, je l'ai fait ! Deux jours sans toi ce n'est pas non plus la mort, mais ca valait bien les deux pizzas que j'ai rammenées !"
Pas de réponse. Il réitéra l'appel, d'un ton plus fort encore. Toujours aucune réponse. Ses sourcils se froncèrent, tordant légérement les traits de son visage. Il pris soin de refermer la porte avant de se diriger vers la chambre à coucher. En passant à coté de la table de la salle à manger, un papier saisi son attention à coté d'une lettre déchirée. Il la connaissait bien, ce n'était pas son genre de laisser trainer des chose, et encore moins un papier dans ce genre. Il prit la lettre dans sa main, la retourna, et lu l'éxpéditeur.
"Hôpital Paris Saint Joseph"
Ces sourcils se froncèrent un peu plus encore alors qu'il s'emparait du contenu de l'enveloppe. Une radio qu'il ne parvint pas bien à déchiffré montrait un buste féminin, pris sous différents angles. Une petite tâche noire apparaissait au niveau de l'estomac, mais il n'y préta aucune attention. Il déplia le document se trouvant encore dans l'enveloppe et déchiffra le contenu. Ses yeux s'écarquillèrent, il retint son souffle, les mains moites, tout les sens en alerte. Une boule se forma dans son estomac alors qu'il s'emparait d'un geste vif de la lettre manuscrite, seul document reposant encore sur la table. Les larmes lui montèrent au yeux et il lu:
"Tu l'as fait mon amour. Bravo pour ces deux jours. Maintenant il ne te reste plus qu'à le faire tout les jours... Je t'aime."
Son hurlement résonna dans la nuit.
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