Ivresse

publié le 02/10/2023 03:00

C'est juste incroyable de regarder quelqu'un et de savoir le temps d'une seconde que l'éternité se déroule en chaque instant. Prendre conscience de la beauté du moment, de la personne, et de chaque détails qui la composent. Veiller au creux de ses câlins, s'endormir paisiblement, comme si rien n'avait plus d'importance dès lors que je sais avec certitude que je me réveillerai le lendemain dans cet exact même lit, à ses cotés. Il y a quelque chose de rassurant dans les bras de l'autre, comme si mon univers s'apaise, se calme, se détend. Je crois qu'il y a bien plus compliqué en ce monde que d'aimer quelqu'un, il y a se laisser aimer. Baisser ses armes en face d'un regard, s'ouvrir malgrès l'inconnu, s'accomoder de la présence de l'autre, s'enivrer de son odeur, de ses sourires... Toutes ces petites choses qui demande malgrès tout de se séparer de soit. Ressentir l'exctase de la chute libre, plonger dans la grande folie de l'inconnu, en entendant les supplices de la coquille désormais vide qui gémis d'un air moqueur, me demandant droit dans les yeux de son petit air narquois si il n'y aura jamais de filet pour amortir la chute. Mais c'est dans cet environnement de peur, d'insouciance, d'appréhension et de stress que peut naître ces moments qui transcendent tout le reste. Une main qui en effleure une autre, un rendez-vous nocturne entre deux regards complices, comme pour se promettre que nous aussi, on a peur. Si la vie fait battre mon coeur, c'est bien ce sentiment là qui l'accélère. Un tempo régulier sur lequel j'apprend à danser, à vivre, à me mouvoir, à m'émouvoir et surtout, à accueillir. Je ne sais pas de quoi demain sera fait et ça me convient finalement, si cela peut me laisser vivre une journée de plus au creux de tes calins.

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Charles Baudelaire

0 Commentaires