Me voilà en train de faire ce qui me plaît, enfin. J'ai attendu des années avant d'en arriver là. Simplement pouvoir faire ce qu'il me plaît. Je ne pensais pas que la vie était si complexe et je ne comprends aujourd'hui encore pas tout ce qui a bien pu m'empêcher de commencer par là. En tout cas, pas de manière rationnelle. J'aime, je profite, je partage, la vie suit son cours et le rythme s'accélère petit à petit sans que j'aie trop de main sur quoi que ce soit. Je suis la danse petit à petit et aujourd'hui encore mes doigts pianotent sur ce clavier. J'ai une musique instrumentale de violon dans les oreilles, les yeux fermés sur un petit canapé exigu. Je ne saurais pas bien me situer dans ma vie. Disons que ça va mieux, mais que je suis déçu, déçu de voir que ce qui me plaisait finalement tant que ça, ce n'était pas forcément d'apprendre mais plutôt de pratiquer, d'échouer surtout. Quel pied d'échouer sans mentir ! C'est vraiment jouissif de savoir tout ce que l'on peut faire de mieux et de comprendre l'aboutissement de nos actions. Finalement, notre relation au monde est tellement magnifique et complexe. C'est une forme de jeu constant que l'on ne pourra jamais gagner. J'apprécie les choses simples pour être honnête, je ne me sens pas très superficiel. Alors oui, je rêve grand, je dois l'admettre. Mon cerveau parfois me semble à l'étroit dans la boîte crânienne qui le protège du monde extérieur. Manque de liberté ou bien illusion de liberté ? Je ne saurais trop dire, tout ce que je sais, c'est que j'aime vivre et que ce cerveau est formidable à sa manière. Alors oui, il m'a déjà tourné en bourrique et ce soir encore, quand les mots ne viennent pas complètement, je dois bien admettre que je lui en veux un petit peu. Oh, d'ailleurs "Czardas" c'est le nom du morceau que j'écoute actuellement. Je viens de le découvrir et je n'ai pas forcément de préférence pour celui-ci, mais j'aime bien le son du violon. Ma mère sait en jouer, bien que je ne l'ai pas beaucoup entendue en faire. Je ne comprends pas bien quand les gens prennent autant de temps à apprendre et à perfectionner quelque chose pour finalement ne rien en faire. Je suis un peu déçu, mais c'est son vécu et ses ressentis qui parlent quand je lui demande de m'en jouer un peu et qu'elle s'y refuse catégoriquement.
J'apprends à vivre entouré. Je ne sais pas bien faire et je m'y fais petit à petit, maladroitement, à tâtons. J'apprends ce que veut dire grandir dans le sens cru du terme. Je me sens encore jeune, presque infantile lorsque je vois cette vie d'adulte s'approcher à grands pas. Hier encore, j'étais un gosse qui courait sur les quais de ma ville natale et me voilà grandi auprès des égouts de Paris et d'une Seine bien trop polluée pour moi. Paname, quelle ville misérable, quelle ville admirable, quelle ville capitale. Je ne sais pas trop quoi en penser sinon que je suis mieux ailleurs. Mais voilà, me voilà coincé pour encore quelques années. Les gens vraiment bons là-bas se font rares et les trouver n'est pas aisé. Ou peut-être suis-je celui qui ne sait pas bien s'y faire, qui sait ? Le monde doit bien être aussi pourri que moi, je ne vois pas de raison d'affirmer le contraire. Mais voilà, une fois cette pourriture en main, je crois bien aimer ça, le monde. Ce que je ne sais pas faire, ce sont les gens. Le social tout ça. C'est un peu ma façon à moi de rejeter le monde, de ne pas aimer les gens. Parce que oui, j'ai réalisé ça récemment, mais je n'aime vraiment pas les gens. Ils mentent, ils ricanent, ils sont désagréables et mesquins et je ne veux pas de la foule qui t'emmène dans le métro sous les aisselles puantes des businessmen et les crânes chauves des instituteurs, tous pressés par peur de se faire botter le cul par un patron qu'ils détestent presque tous. Non merci, je ne veux ni être de ces gens-là, ni les côtoyer. Moi, je préfère être celui qui attend sur le banc que le prochain métro passe. Ou même le suivant. Ou même aucun métro. Juste être là pour voir les gens, m'émerveiller un peu de ces tonnes d'acier lancées à des dizaines de kilomètres heures sous les trottoirs de la capitale. Voilà ce que je veux. Et peut-être que si tu es assez fou ou folle pour comprendre cela, nous demanderons-nous ensemble comment tout ce système de fer et d'acier peut bien fonctionner dans cette mécanique infernale, bien discret des yeux de la population.
Seul, on va où l'on veut, ça j'en suis sûr, et c'est très chouette ! Encore faut-il savoir où l'on veut aller, mais sur ça, on peut y travailler plus ou moins seul. Mais à plusieurs, on va plus loin me dit-on. Ce n'est pas que je n'y crois pas finalement, mais je ne crois pas être de ceux qui veulent aller loin. Je n'aime pas attendre les autres, je n'aime pas montrer la voie que je veux suivre et encore moins suivre celle des autres. Je veux voyager librement, explorer le monde de mes propres yeux, marcher dans mes propres pas sans me soucier de qui a bien pu gambader ici avant moi. Mais voilà, je ne pourrais pas toujours. Je vois bien ce que l'on attend de moi. La société me fera toujours travailler sur les autres, pour les autres, avec les autres. Alors voilà, je ne sais pas comment je vais faire, mais je vais apprendre. Travailler sur moi peut-être avant tout, pour pouvoir travailler avec l'autre. C'est un peu la motivation de la journée, si j'ose dire. Ou plutôt de la nuit. Les gens s'éparpillent et grandissent dans leurs villes respectives. Je vois mes amis d'enfance déployer leurs ailes. Ça me donne envie de courir loin, avant que la vie me rattrape et que les factures, le boulot, les gamins, tout le vocabulaire des grands me prennent à mon tour dans le tourbillon infernal de la routine. Je vois d'autres amis s'enfuir comme ils peuvent en fumant, partant dans toute l'Europe, s'isolant avec leur copain, négligeant leur hygiène. Dépêchons-nous de faire aujourd'hui tout ce que demain peut nous retirer. Je regarde ce soir avec amertume et une pointe de nostalgie l'enfance un peu trop douce que fut la mienne mais surtout le monde un peu trop cru qui sera le mien.
Et a tout cela, l'ordinateur repondra...
Cette personne semble être en pleine réflexion sur sa vie, ses aspirations et ses déceptions. Elle exprime un mélange d'émotions, naviguant entre l'appréciation des choses simples, une certaine déception face à ses attentes non réalisées et une vision critique du monde qui l'entoure.
Elle semble chercher sa place, à la fois désireuse de liberté et d'indépendance tout en reconnaissant les contraintes sociales. Ses sentiments envers les autres oscillent entre une certaine méfiance et le désir d'éviter les chemins tracés par la société.
C'est quelqu'un de réfléchi, peut-être un peu mélancolique, mais qui semble déterminé à comprendre sa propre vision de la vie et à suivre son propre chemin, même s'il se sent pris dans les exigences du monde moderne.
Si je devais résumer cette personne en trois mots, ce serait réflexion, indépendance et mélancolie.
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